Quand le peuple de Dieu se réjouit ensemble « A présent, allez faire un bon repas, buvez d’excellentes boissons et faites porter des portions à ceux qui n’ont rien préparé, car ce jour est un jour consacré à notre Seigneur. Ne vous affligez donc pas, car la joie que donne l’Eternel est votre force. » (Néhémie 8.10) Introduction Nous associons facilement la vie chrétienne à la prière, à la prédication, à l’adoration, au service et même au sacrifice. Et tout cela fait effectivement partie de notre marche avec Dieu. Mais il existe une dimension que nous négligeons parfois : la joie d’être ensemble. Dans la Bible, lorsque le peuple de Dieu se rassemble, il n’y a pas seulement des moments solennels. Il y a aussi des repas, des célébrations, des chants, de la communion fraternelle et de la joie. Néhémie 8 nous présente justement une journée très spirituelle. La Parole de Dieu est lue et expliquée au peuple. Les gens sont profondément touchés et commencent à pleurer. Pourtant, Esdras et les lévites leur disent en substance : aujourd’hui, cessez de pleurer. Rentrez chez vous, préparez quelque chose de bon, mangez, buvez, partagez et réjouissez-vous ensemble devant Dieu. C’est remarquable : la sainteté de cette journée n’empêche pas la festivité. Elle en devient même la raison. Nous pouvons retenir trois grandes vérités de ce passage : Dieu veut que son peuple sache célébrer, notre joie doit devenir une joie partagée et la joie que Dieu donne fortifie son peuple. 1. Dieu veut que son peuple sache célébrer Esdras dit : « Allez faire un bon repas, buvez d’excellentes boissons… » (Néhémie 8.10). Pour comprendre cette déclaration, il faut regarder ce qui vient de se produire. Le peuple est de nouveau rassemblé à Jérusalem après l’exil. Esdras apporte le livre de la Loi et lit la Parole de Dieu devant toute l’assemblée. Les lévites en expliquent le sens afin que chacun puisse comprendre (Néhémie 8.1-8). La réaction du peuple est profonde : « Tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la Loi. » (Néhémie 8.9). En entendant la Parole, les Israélites prennent conscience de leur situation devant Dieu et probablement aussi de la manière dont ils se sont éloignés de lui. La Parole produit une conviction profonde dans leur cœur. Pourtant, Esdras et les lévites leur disent de ne pas rester dans les larmes. Pourquoi ? Parce que « ce jour est un jour consacré à notre Seigneur » (Néhémie 8.10). Nous pourrions penser que puisqu’un jour est consacré à Dieu, il devrait nécessairement être austère, silencieux et sérieux. Pourtant, le message adressé au peuple va dans une autre direction : puisque cette journée appartient à Dieu, réjouissez-vous ! Voilà quelque chose d’important pour notre conception de la vie chrétienne. La sainteté et la joie ne sont pas opposées. La présence de Dieu n’est pas incompatible avec un bon repas, des conversations, des rires et une atmosphère festive. Au contraire, lorsque la joie reste saine et centrée sur Dieu, elle peut devenir une manière de célébrer avec reconnaissance sa bonté. Nous retrouvons cette idée ailleurs dans l’Écriture. Le psalmiste déclare : « Voici le jour que l’Eternel a fait : qu’il soit pour nous un sujet d’allégresse et de joie ! » (Psaume 118.24). L’Ecclésiaste reconnaît également le repas comme un don reçu de Dieu : « Va, mange avec joie ton pain, et bois gaiement ton vin » (Ecclésiaste 9.7). Jésus lui-même n’a pas vécu constamment retiré des autres. Il participait à des repas. Son premier miracle rapporté dans l’Évangile de Jean se produit même au milieu d’une célébration de mariage, à Cana (Jean 2.1-11). Or, un mariage est précisément un moment de réjouissance et de célébration. La foi chrétienne n’est donc pas une invitation à vivre constamment le visage sombre. Nous avons de véritables raisons de nous réjouir. Nos péchés peuvent être pardonnés. Nous avons été réconciliés avec Dieu par Jésus-Christ (Romains 5.1). Nous sommes devenus enfants de Dieu par la foi en Christ (Jean 1.12). Nous avons l’espérance de la vie éternelle (Jean 3.16). Voilà de véritables raisons de célébrer. Dieu avait donné sa Loi à Israël, mais les réjouissances faisaient aussi partie de la vie de son peuple. Illustration Imaginez une famille dont un enfant était parti depuis longtemps. Un jour, cet enfant revient à la maison. Que fait la famille ? Elle ne dit pas : « Puisque nous voulons montrer combien ce moment est important, asseyons-nous silencieusement pendant trois heures. » Non ! On prépare quelque chose, on téléphone aux proches, on se rassemble, on mange, on parle, on rit, on raconte et on célèbre. C’est exactement l’image que Jésus utilise dans la parabole du fils prodigue. Lorsque le fils revient, le père déclare : « Mangeons et réjouissons-nous » (Luc 15.23). La grâce conduit à la célébration. Application pratique Nos rassemblements d’Église devraient donc comporter cette dimension. Bien sûr, nous nous réunissons pour adorer Dieu, entendre sa Parole, prier et grandir spirituellement. Mais la communion fraternelle fait également partie de notre vie chrétienne. Il devrait y avoir des moments où nous pouvons simplement être heureux d’être ensemble. Un repas communautaire peut être spirituel. Une fête fraternelle peut être spirituelle. Un café partagé après le culte peut être spirituel. Un moment où les frères et les sœurs rient ensemble peut aussi faire partie de cette communion que Dieu désire voir parmi son peuple. La question n’est donc pas seulement : « Avons-nous eu une bonne réunion ? » Nous pouvons aussi nous demander : « Est-ce que nous apprenons à nous réjouir ensemble de ce que Dieu fait parmi nous ? » 2. La fête selon Dieu est une joie que personne ne devrait vivre seul Esdras ajoute quelque chose de très important : « Faites porter des portions à ceux qui n’ont rien préparé » (Néhémie 8.10). Voilà ce qui distingue la fête biblique d’une simple recherche de plaisir personnel. Dieu ne dit pas seulement : « Mangez bien. » Il dit
Joie
« Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous » (Philippiens 4.4). Introduction Tout le monde cherche la joie. On la cherche dans la réussite, dans l’argent, dans les relations, dans les loisirs, dans les voyages, dans les plaisirs et dans la reconnaissance des autres. Pourtant, cette joie ne dure souvent que peu de temps, parce qu’elle dépend des circonstances. Lorsque tout va bien, il est facile de sourire et de se réjouir. Mais lorsque l’épreuve arrive, lorsque la maladie frappe, lorsqu’une relation se brise ou lorsque l’avenir devient incertain, cette joie peut disparaître rapidement. La Bible nous parle toutefois d’une autre joie. Elle nous présente une joie qui ne vient pas seulement de ce qui se passe autour de nous, mais de ce que Dieu accomplit en nous. Cette joie n’est pas une émotion fragile et passagère. Elle est un fruit de l’Esprit de Dieu et elle est profondément enracinée en Jésus-Christ. Jésus n’est pas venu seulement pour pardonner nos péchés. Il est venu pour nous donner une vie nouvelle, une espérance vivante et une joie profonde que les circonstances de la vie ne peuvent pas détruire. La vraie joie ne se trouve pas dans les circonstances, mais dans une relation vivante avec Jésus-Christ. La joie commence par le salut La plus grande joie qu’un être humain puisse connaître est de savoir que ses péchés sont pardonnés et qu’il est réconcilié avec Dieu. Après avoir péché, David a prié en disant : « Rends-moi la joie de ton salut » (Psaume 51.14). David ne demande pas d’abord davantage d’argent, de succès, de confort ou de reconnaissance. Il demande que Dieu lui rende la joie du salut. Pourquoi demande-t-il cela ? Parce que le péché vole la joie. Le péché peut procurer un plaisir momentané, mais il laisse toujours derrière lui la culpabilité, le vide, la honte et l’éloignement de Dieu. La Bible déclare : « Car le salaire que verse le péché, c’est la mort, mais le don gratuit que Dieu accorde, c’est la vie éternelle dans l’union avec Jésus-Christ notre Seigneur » (Romains 6.23). Sans Jésus, une personne peut rire extérieurement tout en étant vide intérieurement. Elle peut être entourée de nombreuses personnes, mais se sentir profondément seule. Elle peut réussir sa vie aux yeux des hommes, tout en étant perdue devant Dieu. Cependant, lorsqu’une personne vient à Jésus, quelque chose change profondément dans sa vie. Elle découvre qu’elle n’a plus besoin de porter seule le poids de ses fautes. Elle découvre que Dieu l’aime, que Jésus-Christ est mort pour elle, qu’il est ressuscité et qu’il peut lui donner une vie entièrement nouvelle. Jésus a dit : « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui change que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’en ont pas besoin » (Luc 15.7). Lorsqu’une personne se repent et se tourne vers Jésus, il y a de la joie dans le ciel. Mais il y a également une joie nouvelle dans le cœur de celui qui reçoit le pardon de Dieu. Imaginez un homme qui porte depuis plusieurs années un sac extrêmement lourd sur son dos. Dans ce sac se trouvent ses regrets, ses erreurs, ses mensonges, ses blessures, ses échecs et ses péchés. Cet homme essaie de continuer à marcher, mais il est fatigué. Il essaie de sourire devant les autres, mais il est intérieurement épuisé. Puis, un jour, quelqu’un vient vers lui et lui dit : « Donne-moi ton fardeau. Je vais le porter à ta place. » C’est précisément ce que Jésus fait pour nous. Il prend sur lui notre fardeau de péché. Il nous donne le pardon, la paix avec Dieu et la joie du salut. Cessez de chercher votre joie dans ce qui ne peut pas véritablement satisfaire votre cœur. Venez à Jésus avec vos fautes et avec votre fardeau. Il est prêt à vous pardonner et à vous donner la joie du salut. Souvenez-vous également chaque jour de la grâce que vous avez reçue. Prenez le temps de remercier Dieu pour votre salut. La reconnaissance nourrit la joie et garde notre cœur près du Seigneur. La vraie joie commence lorsque Jésus enlève le poids du péché. La joie demeure même dans l’épreuve La joie chrétienne ne signifie pas que nous serons exempts de problèmes. Elle signifie que Dieu demeure présent avec nous au milieu de nos problèmes. L’apôtre Paul a écrit : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » (Philippiens 4.4). Lorsqu’il écrit ces paroles, Paul ne vit pas dans le confort et la facilité. Il connaît la souffrance, les oppositions, les prisons, les coups, les dangers et les pertes. Pourtant, Paul parle de joie. Pourquoi peut-il se réjouir malgré tout ce qu’il traverse ? Parce que sa joie ne dépend pas de sa situation. Sa joie dépend du Seigneur. Paul ne dit pas : « Réjouissez-vous toujours dans vos circonstances. » Il dit : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. » Les circonstances changent. La santé peut changer, les finances peuvent changer, les relations peuvent changer et le monde qui nous entoure peut changer. Mais Jésus-Christ ne change pas. La Bible déclare : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui, et pour toujours » (Hébreux 13.8). C’est pourquoi le croyant peut avoir des larmes dans les yeux tout en gardant une espérance dans son cœur. Il peut traverser une saison difficile sans être abandonné. Il peut être durement éprouvé tout en sachant que Dieu demeure avec lui. Jacques écrit : « Mes frères, quand vous passez par toutes sortes d’épreuves, considérez-vous comme heureux » (Jacques 1.2). Cela ne signifie pas que l’épreuve est agréable ou que nous devons nier notre souffrance. Cela signifie que Dieu peut agir même au milieu de l’épreuve. Il peut former notre foi, purifier notre cœur, nous rapprocher de lui et produire en nous une joie plus profonde que celle qui dépend uniquement du confort. Pensez à une bougie allumée dans une pièce obscure. Cette bougie ne supprime pas toute l’obscurité du monde extérieur.

