Vivons-nous un temps d’apostasie ?
Bien-aimés, nous vivons dans une époque troublée, confuse et agitée. Beaucoup de voix parlent au nom de Dieu, mais toutes ne viennent pas de Dieu. Beaucoup de discours se disent chrétiens, mais tous ne portent pas fidèlement la vérité de l’Évangile. Nous voyons autour de nous des compromis, des séductions, des refroidissements, et des abandons silencieux de la saine doctrine. Alors la question se pose avec sérieux : vivons-nous un temps d’apostasie ?
Cette question n’est pas secondaire, car ce temps d’apostasie est celui qui précède la venue de l’Antichrist. L’apôtre Paul nous avertit clairement : « Que personne ne vous égare d’aucune façon. Car ce jour n’arrivera pas avant qu’éclate le grand Rejet de Dieu, et que soit révélé l’homme de la révolte » (2 Thessaloniciens 2.3). La Parole de Dieu nous pousse donc à répondre avec lucidité, mais aussi avec espérance. Oui, les signes sont là. Oui, le danger est réel. Mais non, Christ n’a pas abandonné son Église. En un tel temps, le Seigneur nous appelle non à la peur, mais au discernement, non à la passivité, mais à la fidélité, non au découragement, mais au réveil.
C’est un message qui touche toute l’Église aujourd’hui. Regardons ensemble comment l’apostasie s’installe lentement, sournoisement, mais assurément.
Premier point. L’apostasie commence lorsque la vérité est abandonnée
L’apostasie ne débute pas toujours par un rejet spectaculaire de Jésus. Elle commence souvent de manière plus discrète, lorsque la vérité cesse d’être aimée, gardée et proclamée. On conserve parfois le vocabulaire chrétien, mais on vide peu à peu le message de sa substance. On parle encore d’amour, mais sans repentance. On parle encore de grâce, mais sans sainteté. On parle encore de bénédiction, mais sans croix.
Pourtant, l’Écriture avertit clairement : « Cependant, l’Esprit déclare clairement que, dans les derniers temps, plusieurs se détourneront de la foi parce qu’ils s’attacheront à des esprits trompeurs et à des enseignements inspirés par des démons » (1 Timothée 4.1). L’Esprit déclare clairement, sans voile et sans énigme. L’apostasie est donc d’abord une crise de vérité. Quand l’oreille ne supporte plus l’enseignement sain, le cœur finit par chercher des discours plus agréables que bibliques. Plusieurs prédicateurs à succès ne font que caresser les oreilles. Voilà la triste réalité de ce monde actuel.
Mais cela n’est pas un petit glissement sans conséquence. C’est un éloignement dangereux. Paul l’annonce ainsi : « Car le temps viendra où les hommes ne voudront plus rien savoir de l’enseignement sain. Au gré de leurs propres désirs, ils se choisiront une foule de maîtres à qui ils ne demanderont que de leur caresser agréablement les oreilles » (2 Timothée 4.3).
C’est comme un navire qui dévie de quelques degrés seulement. Au départ, l’écart semble minime. Personne ne s’inquiète. Mais après plusieurs kilomètres, le bateau n’arrive plus du tout au bon port. Ainsi en est-il de l’Église quand elle tolère un petit éloignement de la vérité. Ce qui semblait léger finit par produire une grande dérive.
Comme l’a dit Alistair Begg : « Entendre l’enseignement de Jésus sans lui obéir est aussi insensé et dangereux que de construire une maison sans fondation. »
Deuxième point. L’apostasie se manifeste lorsque l’amour pour Dieu se refroidit
L’apostasie n’est pas seulement doctrinale. Elle est aussi affective et spirituelle. On peut conserver une apparence religieuse tout en perdant le feu intérieur. Jésus a averti : « Parce que le mal ne cessera de croître, l’amour du plus grand nombre se refroidira » (Matthieu 24.12). Voilà un signe grave.
Quand le cœur ne brûle plus pour Dieu, la prière devient légère, la Parole devient pesante, la sainteté devient secondaire, et le monde devient attirant. L’apostasie commence souvent dans un cœur refroidi avant d’apparaître dans une confession altérée. Le problème n’est donc pas seulement ce que l’on dit, mais ce que l’on aime. Aimerons-nous encore la vérité quand elle nous reprend ? Aimerons-nous encore Christ quand il nous appelle à mourir à nous-mêmes ? Aimerons-nous encore sa présence quand le monde nous offre ses distractions et ses séductions ?
Pensez à un foyer où le feu brûlait autrefois avec force. Avec le temps, si personne n’alimente la flamme, les braises deviennent grises, puis froides. La maison est encore là. Le foyer est encore là. Mais la chaleur n’y est plus. C’est ainsi que bien des vies et bien des assemblées deviennent spirituellement fragiles. L’apparence demeure, mais le feu s’éteint.
Anne Graham Lotz l’a bien exprimé : « La résurrection de Jésus change notre perspective, de la détresse à la joie, de la défaite à la victoire, de l’obscurité à la gloire. »
Troisième point. L’apostasie appelle l’Église fidèle à la vigilance et au réveil
Quand la Parole annonce l’apostasie, elle ne le fait pas pour nous paralyser, mais pour nous réveiller. Le but n’est pas que l’Église fidèle se replie dans la peur, mais qu’elle veille, prie, discerne et persévère. Le Seigneur garde les siens. Il a toujours un reste fidèle. Même lorsque plusieurs se détournent, Christ demeure Seigneur, et son Église lui appartient encore.
L’heure est donc à la vigilance. Hébreux 3.12-13 dit : « Prenez donc bien garde, frères et sœurs, que personne parmi vous n’ait le cœur mauvais et incrédule au point de se détourner du Dieu vivant. Mais encouragez-vous les uns les autres, jour après jour, aussi longtemps qu’on peut dire aujourd’hui, afin qu’aucun d’entre vous ne se laisse tromper par le péché et ne s’endurcisse » (Hébreux 3.12-13).
Le combat contre l’apostasie commence dans notre propre cœur. Avant de dénoncer les dérives au loin, il faut laisser Dieu nous sonder. Jésus disait : « Pourquoi vois-tu les grains de sciure dans l’œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien ? » (Matthieu 7.3). Sommes-nous encore attachés à sa Parole ? Sommes-nous encore sensibles à sa voix ? Sommes-nous encore disposés à obéir, même lorsque cela dérange notre confort ou notre réputation ? Sommes-nous encore prêts à aller de l’avant, même lorsque la peur cherche à nous paralyser ?
Mais cet avertissement est aussi un appel au réveil. Là où l’erreur se répand, la vérité doit être proclamée plus clairement. Là où l’amour de plusieurs se refroidit, l’Église fidèle doit brûler davantage. Là où les compromis se multiplient, les disciples de Jésus doivent marcher avec plus de pureté, plus d’humilité et plus de courage.
Au milieu d’une nuit épaisse, une seule lampe allumée devient précieuse. Elle n’enlève pas immédiatement toute l’obscurité, mais elle prouve qu’elle ne l’a pas tout envahie. Ainsi, dans un temps d’apostasie, une Église fidèle, un croyant consacré, une assemblée qui aime la vérité deviennent une lumière que Dieu utilise pour témoigner de sa gloire.
Tony Evans a dit : « L’une des raisons pour lesquelles beaucoup de chrétiens ne voient pas l’action de Dieu dans leur vie, c’est qu’ils ne permettent pas à Jésus-Christ de régner sur eux. »
Je termine avec ceci
Oui, nous vivons dans un temps où les signes de l’apostasie sont visibles. Mais ce n’est pas l’heure du désespoir. C’est l’heure du réveil. C’est l’heure de revenir à la Parole, de rallumer la prière, de retrouver la crainte de Dieu, de renoncer au compromis, et de demeurer attachés à Jésus-Christ jusqu’à la fin.
Le Seigneur cherche encore des hommes et des femmes qui aiment la vérité, qui refusent la séduction, et qui persévèrent dans l’obéissance. Alors ne laissons pas notre cœur se refroidir. Ne laissons pas notre oreille s’habituer à l’erreur. Ne laissons pas l’esprit du siècle façonner notre foi. Revenons au Seigneur de tout notre cœur, car même dans un temps d’apostasie, Dieu sait garder les siens et ranimer son peuple.
Jésus disait : « Mais celui qui tiendra bon jusqu’au bout sera sauvé » (Matthieu 24.13). L’heure n’est pas à l’abandon, mais au retour à la foi véritable.
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