
Lorsque Dieu ordonna à Noé de construire l’arche, il lui donna également cette instruction particulière :
« tu l’enduiras intérieurement et extérieurement de goudron (poix) » (Genèse 6.14).
Le mot hébreu traduit ici par « goudron (poix) » est « kōpher » (H3724). Ce mot possède une richesse spirituelle remarquable. Selon son usage biblique, il peut signifier « rançon », « prix de rachat », « expiation » ou encore « couverture ».
Le verbe apparenté « kaphar » (H3722) est fréquemment traduit par « faire l’expiation ». C’est ce même mot qui est employé dans le système sacrificiel de l’Ancien Testament lorsque le sang était offert pour couvrir les péchés du peuple. (Lv 4.20, 26 ; 17.11 ; Ex 30.10, etc.)
Ainsi, lorsque Noé enduit l’arche de « kopher », il ne s’agit pas seulement d’une protection matérielle contre l’eau. Dieu utilise un mot qui annonce déjà une vérité spirituelle beaucoup plus profonde.
Une arche protégée du jugement
Le déluge représente le jugement de Dieu sur un monde corrompu (Genèse 6.5-7).
Tous ceux qui se trouvaient à l’extérieur de l’arche furent emportés par les eaux. En revanche, tous ceux qui étaient à l’intérieur furent sauvés.
Pourquoi ?
Parce que l’arche avait été recouverte de « kopher ».
Cette couverture empêchait les eaux du jugement de pénétrer dans l’arche. Les occupants étaient protégés parce qu’ils se trouvaient dans ce que Dieu avait pourvu.
Cette image annonce déjà le salut en Jésus-Christ.
Comme Noé entra dans l’arche, le croyant entre en Christ. Comme l’arche fut couverte de « kopher », le croyant est couvert par l’expiation accomplie par Jésus à la croix.
Une image prophétique de Jésus
L’arche est l’une des plus belles préfigurations de Christ dans toute la Bible.
Jésus est aujourd’hui l’arche de salut préparée par Dieu pour les hommes.
Le jugement de Dieu contre le péché est réel. Mais tous ceux qui sont en Christ sont à l’abri de la condamnation.
Paul écrit :
« Maintenant donc, il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont unis à Jésus-Christ » (Romains 8.1).
De même que les eaux du déluge frappaient l’extérieur de l’arche sans atteindre ceux qui étaient à l’intérieur, le jugement que méritaient nos péchés est tombé sur Christ à la croix afin que ceux qui sont en lui soient sauvés.
Le « Kopher » est aussi une rançon
Le sens premier de « kopher » est également celui d’une rançon, d’un prix payé pour libérer quelqu’un.
Cette vérité trouve son accomplissement parfait dans l’œuvre de Jésus.
Pierre écrit :
« Vous avez été libérés de cette manière futile de vivre que vous ont transmise vos ancêtres et vous savez à quel prix. Ce n’est pas par des biens périssables comme l’argent et l’or. Non, il a fallu que Christ, tel un agneau pur et sans défaut, verse son sang précieux en sacrifice pour vous » (1 Pierre 1.18-19)
Le sang de Jésus est notre « kopher ».
Il est la rançon payée pour notre délivrance.
Il est le prix de notre rachat.
Il est le moyen par lequel Dieu couvre nos péchés et nous réconcilie avec lui.
Enduite à l’intérieur et à l’extérieur
Il est intéressant de remarquer que Dieu demanda à Noé d’enduire l’arche à l’intérieur et à l’extérieur (Genèse 6.14).
Cette double couverture évoque l’œuvre complète de Jésus-Christ.
À l’extérieur, elle nous rappelle le sang versé publiquement sur la croix, devant les hommes.
À l’intérieur, elle évoque l’œuvre profonde de purification que Dieu accomplit dans le cœur du croyant.
Le salut n’est pas simplement une transformation extérieure. Dieu agit également dans l’être intérieur.
Comme l’écrit l’auteur de l’épître aux Hébreux :
« Christ s’est offert lui-même à Dieu, sous la conduite de l’Esprit éternel, comme une victime sans défaut. A combien plus forte raison, par conséquent, son sang purifiera-t-il notre conscience des œuvres qui mènent à la mort afin que nous servions le Dieu vivant » (Hébreux 9.14).
Une invitation à entrer dans l’arche
Au temps de Noé, il n’existait qu’une seule arche.
Aujourd’hui encore, il n’existe qu’un seul Sauveur.
Jésus a déclaré :
« C’est moi qui suis la porte. Celui qui entre par moi sera sauvé » (Jean 10.9).
L’arche n’a pas été sauvée parce qu’elle était solide ou belle. Elle a été sauvée parce qu’elle était recouverte de « kopher ».
De même, nous ne sommes pas sauvés par nos mérites, nos œuvres ou notre religion. Nous sommes sauvés parce que nous sommes couverts par le sang précieux de Jésus-Christ.
Le « kopher » de l’arche annonçait déjà l’expiation parfaite du Calvaire. Derrière cette simple couche de goudron (poix) se cachait une magnifique prophétie du salut que Dieu offrirait un jour au monde entier par son Fils bien-aimé.
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